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3 mars 2006 5 03 /03 /mars /2006 18:51
Signé Parpot, Alain MONNIER : extraits
_______________________________________________________________________________________
Le 12 août 1992
Monsieur Barthélémy PARPOT
12, rue des Lois - 31000 TOULOUSE

Monsieur le Directeur de la SEREMIP
142, rue de Périole - 31400 TOULOUSE
 

     Monsieur le Directeur,

     J’ai faim et froid, je n’ai pas d’argent, je suis logé très modestement dans un appartement et je n’arrive pas à me nourrir et à me vêtir, j’aime une fille qui s’appelle Claudine Courvoisier que j’ai rencontrée aux cours du CNAM en novembre 1990 et qui n’a pas voulu me fréquenter parce que je ne travaillais pas et que je n’avais pas d’argent. Je suis vierge et je n’ai jamais eu de rapports intimes avec les femmes, et malheureux maintenant, je ne veux plus jamais d’autres femmes car j’aime à la folie cette jeune fille Claudine Courvoisier de novembre 1990. Je n’ai jamais vécu par manque d’argent et manque de travail, l’important serait que je puisse au moins avoir ma femme Claudine car dans la vie, c’est important d’avoir sa femme qui serait Claudine Courvoisier de novembre 1990, mon épouse pour la vie. Je n’ai pas d’argent pour faire des curriculum vitae mais je peux vous dire que je suis comptable de niveau bac avec formation supérieure CNAM. J’ai 33 ans et il serait temps que je fasse ma vie comme les autres car je n’ai rien, pas ma femme, pas de nourriture, pas de vêtements, pas de meubles, pas de voiture mais tout cela peut s’enrayer si je travaille de façon définitive, pour une durée indéterminée et à plein temps. Je ne peux rien faire sans ma Claudine Courvoisier de novembre 1990 et je ne peux pas rester ainsi tout seul toute ma vie en attendant tout le monde, car je veux me marier avec ma Claudine Courvoisier de novembre 1990 et lui faire trois enfants, j’adore les enfants surtout quand ils sont les miens. Si jamais vous la connaissez, voudriez-vous m’écrire car actuellement je suis tout seul et je recherche partout dans la rue, nuits et jours ma Claudine Courvoisier et je continuerai ainsi toute ma vie jusqu’à ce que je lui parle à nouveau. Tout cela peut vous énerver Monsieur le Directeur mais moi je vais souffrir toute ma vie si je ne revois ma Claudine Courvoisier pour me marier avec elle. J’attends un emploi comptable avec de grandes responsabilités de cadre et un très bon salaire au sein de votre entreprise. Je ne travaille plus depuis des années et maintenant ça suffit car je ne peux plus attendre, je perds trop de temps et il me faut travailler à durée indéterminée. Je ne peux pas travailler selon les employeurs car d’après eux, il n’y a pas d’embauche à durée indéterminée. Que pensez-vous de ma vie ? Dois-je attendre longtemps pour vivre ma vie comme les autres personnes qui font partie de votre personnel ? Je vous regarde Monsieur le Directeur en me posant beaucoup de questions car j’ai faim et froid, en vous priant d’agréer mes meilleurs sentiments.

 
Barthélémy Parpot
 
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Le 26 août 1992
Monsieur Barthélémy PARPOT
12, rue des Lois - 31000 TOULOUSE
 
Monsieur le Directeur de la SEREMIP
 
     Monsieur le Directeur,

     J’ai envoyé vingt-sept lettres qui ne m’ont pas répondu, et je n’arrive pas à vivre car sans argent on ne peut pas avoir l’amour comme les autres qui ont une maison, les rideaux aux fenêtres et souvent même le livret de famille et les feuilles d’impôt qui le prouvent. Le plus important est que je retrouve ma Claudine Courvoisier de novembre 1990 que j’aime et que je lui explique que je me consacrerais à elle tout le temps sauf les heures de mon travail de comptabilité dans votre entreprise. Voudrez-vous m’aider ? Le travail est très important pour la vie mais peut-être que ma Claudine vous écoutera si vous lui expliquez que les durées indéterminées n’existent plus et aussi que je suis un garçon comme il faut qui n’a même pas eu de rapports intimes avec lui-même, ni à l’école quand on s’ennuie et qu’on attend. Il faut lui expliquer aussi que je n’ai jamais vu une femme complètement nue, que ma Claudine Courvoisier sera la première femme que je verrai en vrai sans vêtement, et que même quand j’en ai envie je vais pas voir les films exprès pour garder la surprise d’elle intacte. Je souffre de ne pas avoir de vêtements neufs pour moi et pour ma femme Claudine à qui je veux offrir les plus beaux grâce à un honnête salaire élevé et mérité par les responsabilités de comptabilité. Il faut que Monsieur le Directeur vous retrouviez mon amour, pour moi parce que j’ai pas eu de chance avec la vie et maintenant je veux que ça change grâce à vous. J’envoie cette lettre à VOUS SEUL parce que je vous regarde souvent dans la rue avec votre voiture et vos deux beaux enfants et votre jolie femme aussi quand elle accompagne vos deux beaux enfants à l’école le matin à huit heures trente-cinq. Ils ont l’air de bien manger et c’est sûr que comme moi ils sont sérieux à l’école. J’ai décidé que c’était de VOUS SEUL, et pas des autres que dépendra ma vie car je ne peux plus attendre toutes les choses. J’ai confiance en vous priant de recevoir mes meilleurs sentiments ainsi que votre femme et que vos beaux enfants que vous devez beaucoup aimer aussi.

 
Barthélémy Parpot
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le 29 août 1992
Monsieur Ménard
Directeur de la SEREMIP
142, rue de Périole - 31400 TOULOUSE
 
 
Monsieur Parpot
12, rue des Lois - 31000 TOULOUSE
 
     Monsieur,

     J’ai lu avec attention votre courrier du 26 courant et j’ai été très touché par les problèmes que vous traversez et que vous allez, j’en suis sûr, rapidement surmonter.
     Malheureusement le contexte économique actuel ne me permet pas d’envisager une expansion significative de ma société, et je n’ai donc, de ce fait, aucune possibilité d’emploi ni à durée indéterminée, ni à durée déterminée, à vous proposer.
     Je conserve toutefois votre courrier et ne manquerai pas de vous contacter si un emploi correspondant à vos qualifications venait à se libérer.
     En ce qui concerne la jeune femme que vous recherchez, vous devriez vous adresser à un détective privé car en la matière je ne puis définitivement rien pour vous aider.

Recevez, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.
 
 
Pierre Ménard
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Le 29 août 1992
Monsieur Ménard
Directeur de la SEREMIP
142, rue de Périole - 31400 TOULOUSE




     Mon cher Hervé,

     Je t’envoie la photocopie de deux lettres que m’a adressées un chômeur quelque peu perturbé. Elles te feront certainement rire comme moi. Cependant les remarques sur mes gosses qui partent à l’école avec Geneviève le matin à huit heures trente-cinq, m’ont laissé une impression désagréable. C’est peut-être stupide, mais j’aimerais qu’un de tes hommes s’assure pendant quelques jours qu’un type ne rôde pas autour d’eux.

     Merci, et à très bientôt
 
Pierre
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EXTRAIT DU JOURNAL INTIME
DE CLAUDINE COURVOISIER
    12 septembre :
    Ça y est ! Il m’a enfin remarquée. Il est sorti de son bureau au moment où je me penchais sur la photocopieuse, la jupe au ras de la mirabelle. Il en a même trébuché sur ma mère Hortense qui arrivait les bras chargés de dossiers. Pas de chance Hortense ! Les feuilles blanches se sont mises à voleter autour d’eux comme des flocons de neige dans une boule de verre. Le fou rire m’a prise. Il avait l’air complètement idiot, mais le genre idiot qui m’aurait fait grimper sur la table avec la culotte sur la tête !
    Puis il est parti, le sourire aux lèvres, en oubliant de s’excuser.
     J’ai laissé échapper un gloussement, et la vioque, folle de rage, m’a hurlé que je n’avais rien à faire à l’étage de la Direction Générale.
    J’ai vite déguerpi pour pas l’aider à ramasser les feuilles. J’étais contente. Vraiment. Comme ça m’est pas arrivé depuis des lurettes. Avec la chair de poule tout au long des bras !
    N’empêche qu’il ne m’a pas adressé la parole. Moi mon stage s’achève dans quinze jours. S’il lui faut trois semaines pour s’apercevoir que j’existe, trois mois pour me parler et trois ans pour me dégrafer mon soutien-gorge, c’est pas demain que je serai enceinte ! Bon, on verra, il faut bien commencer.
 
    14 septembre :
    J’ai fait une nouvelle incursion à l’étage de la Direction Générale et j’ai appris qu’il était souffrant pour quelques jours. Il n’y a qu’à moi que ça arrive. J’ai vingt-quatre ans, je trouve (enfin !) un type qui me plaît, je fais toutes les acrobaties pour qu’il me remarque, j’y arrive, et le lendemain, patatras, il est souffrant. C’est mieux que malade mais c’est quand même ridicule !
 
    15 septembre :
    Il en a pour trois jours.
    J’aimerais pouvoir lui téléphoner, bavarder gentiment avec lui, rire de ses plaisanteries. Inutile de rêver : il m’est impossible de téléphoner à un monsieur que je connais pas pour lui demander des nouvelles de sa santé. Même en manque d’amour et de prince charmant comme je suis, c’est au-dessus de mes forces. Prenons plutôt son mal en patience !
    En sortant du Monoprix, casse-nez sur pot de colle du CNAM. Fallait bien que ça m’arrive un jour. C’est déjà un miracle d’avoir passé deux ans sans me prendre la jupe dans cette ronce. Ces yeux d’un bleu délavé, transparents, me glacent comme avant. Même un merlan a des mimiques plus expressives que lui. Enfin j’ai réussi à le semer vite fait. Il m’a bégayé qu’il allait m’épouser et ça m’a mise de très mauvaise humeur. Je suis titounette et mignonette, je veux plaire aux jolis garçons. J’en ai marre des moches qui se mettent le doigt dans le nez, des radins qui recomptent trois fois les additions de 36,50 francs, et de tous les grands seigneurs qui m’invitent à la cafétéria de Carrefour. C’est désespérant à la fin !
 
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EXTRAIT DU JOURNAL INTIME
DE CLAUDINE COURVOISIER
 
 
    20 septembre :
Aujourd’hui ça aurait dû être la saint Claudine. Journée incroyable ! Du beurre sur du miel ! Mais reprenons au début, parce que pour une fois qu’il m’arrive vraiment quelque chose, je ne vais pas me priver de me le raconter en détail.
    Alors, le joli stylo de mon anniversaire, l’encrier de ma grand-mère, et je m’applique parce que ça me fera vachement plaisir de relire tout ça si l’hiver, morne plaine, etc.
    Donc ce matin j’apprends qu’Henri est de retour. Je compte ni une ni deux, je file à la machine à café, j’attrape deux gobelets en plastique et je fonce dans son bureau. Quand je réfléchis, je suis moins naturelle.(*) N’empêche qu’une fois devant lui, je me suis sentie très bécasse, je savais plus quoi dire ! Il a levé les yeux vers moi. Ils étaient verts comme l’eau du Pacifique et doux comme du sirop de menthe.
    […]
    Il m’a demandé si on pouvait déjeuner ensemble. Je me suis pensé « pardi ma cousine » mais j’ai simplement répondu « oui », et nous sommes descendus à la cantine de l’entreprise. J’avais espéré autre chose, mais c’est à cause de ma manie d’aller trop vite.
    […]
    Il m’a beaucoup parlé de sa famille. Il s’appelle exactement Henri d’Hauricourt, et il a un Maréchal de France dans son arbre généalogique. Moi, j’ai rien à opposer à ça. Ni dans la famille de mon père, ni dans celle de ma mère – pardon dans celle de maman –, bien que l’assistance publique soit aussi une grande famille. Il m’a expliqué que l’UNESCO l’avait détaché six mois à Toulouse pour rédiger un mémoire sur la Renaissance dans le bassin méditerranéen. J’ai oublié pourquoi. Il m’a aussi parlé de ses amis au Quai (OK ?), de la villa, de la Fondation Guggenheim. Je ne comprenais pas tout, mais sa voix à peine éraillée me berçait agréablement. Je ne l’écoutais pas vraiment. À la vérité, je n’ai retenu qu’une seule chose : Henri ne portait pas d’alliance, et comme ce devrait être le genre à préférer se faire arracher le doigt plutôt que de retirer un anneau béni, j’en ai déduit qu’il n’était pas marié. Et de me dire « Claudine, ma Didine, il faut pas laisser passer ta chance ! »
Je portais ma robe hypermoulante en strecht noire, décolletée sur les dentelles de mon balconnet (bronzé c’est bien joli) et peut-être un peu ras des fesses au goût de l’aristocratie. Henri, lui, ne se privait pas de zieuter à la dérobée mes jolis petits seins, sans se tracasser de leur quartier de noblesse.
    […]
    J’ai pas pu le voir de la journée… Réunion et rendez-vous et déjeuner de travail. L’homme débordé.
    Par contre, en sortant, guet-apens de Parpot. Il veut toujours se marier avec moi et avoir un certain Médard comme témoin. Et moi je veux être impératrice d’Autriche du Nord !
 
    (*) Je crois que c'est là ma phrase préférée !
 
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La plupart de ces extraits sont lisibles dans le manuel de français de 4e :
« Français 4e en séquences », Magnard, page 172 et suivantes. 
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Published by Gérard Manvussat - dans Lecture
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commentaires

Adrien Eleve 3e3 28/05/2007 18:10

Amusant et distrayant comme livre !
La jupe a ras de la mirabelle ^^.
Subtil !

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